L’Instance Nationale de la Probité, de la Prévention et de la Lutte contre la Corruption (INPPLC) a lancé, lundi 5 octobre 2026, un programme de formation consacré à la méthodologie d’élaboration des policy papers dans le domaine de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption. Cette initiative vise à renforcer la contribution de la recherche à l’orientation des politiques publiques et à faire de la connaissance une force de proposition au service de la décision et de la protection de l’intérêt général.
Réunissant douze participantes et participants, ce programme traduit la volonté de l’Instance d’élargir la mobilisation autour de la lutte contre la corruption et d’ouvrir aux chercheurs un espace de contribution à l’élaboration de réponses aux défis de la probité et de la gouvernance. Il vise ainsi à renforcer les liens entre le débat public, la décision institutionnelle et les attentes de la société.
Dans son allocution d’ouverture, M. Mohamed Benalilou, Président de l’Instance, a souligné que la lutte contre la corruption exige une capacité constante à renouveler les politiques, à interroger les choix qui les sous-tendent et à proposer des alternatives répondant aux impératifs d’efficacité. L’enjeu, a-t-il précisé, est de formuler des propositions susceptibles d’éclairer la décision publique et de traduire l’engagement en faveur de la probité en résultats concrets, soumis au suivi et à la reddition des comptes.
Il a insisté sur le fait que contribuer à l’orientation des politiques publiques est une responsabilité qui exige de conjuguer indépendance de pensée et force de proposition, tout en reliant les recommandations aux conditions de leur mise en œuvre et aux changements qu’elles sont susceptibles de produire dans le fonctionnement des institutions et la vie des citoyens. La connaissance acquiert toute sa valeur publique lorsqu’elle contribue à mettre en lumière les dysfonctionnements, à élargir les options de réforme et à favoriser des décisions davantage orientées vers l’intérêt général.
Dans ce contexte, le Président de l’Instance a appelé à rehausser le niveau du débat sur la corruption et à dépasser les jugements préconçus et les discours généralisateurs qui nuisent à la compréhension du phénomène et occultent les moyens d’y remédier. Il a souligné que le sérieux de la lutte contre la corruption se mesure à la capacité d’en diagnostiquer les causes, d’identifier les responsabilités et de proposer des réformes réalisables, dont les résultats peuvent être évalués et faire l’objet d’une reddition des comptes, de manière à renforcer la crédibilité de l’action institutionnelle et la confiance de la société à son égard.
Il a également souligné que l’indépendance critique des chercheurs constitue un atout pour cette initiative et que l’Instance mise sur leur contribution pour poser les questions difficiles, remettre en question les présupposés dominants et enrichir les options de réforme. Ce programme s’inscrit dans le prolongement de l’initiative lancée par l’Instance en juillet dernier, avec l’ouverture des candidatures aux chercheurs, doctorants, cadres et personnes intéressées par les questions de probité et de politiques publiques. Il concrétise ainsi l’orientation de l’Instance visant à mobiliser les compétences et à élargir la participation à l’élaboration de politiques plus efficaces de lutte contre la corruption.
Le programme pose les jalons d’un parcours de cinq ans à travers lequel l’Instance entend constituer un vivier constamment renouvelé de propositions et consolider le rôle des travaux de recherche dans l’orientation de la décision publique et la promotion de réformes qui renforcent la probité et protègent l’intérêt général.
Au terme de son allocution, suivie d’un échange ouvert avec les participants, le Président de l’Instance a exprimé l’ambition de voir ce parcours aboutir à des travaux qui méritent d’être lus, à des propositions qui méritent d’être débattues et à des options susceptibles d’être traduites en décisions protégeant l’intérêt général. Il a rappelé que la finalité du programme est de renforcer la capacité de la connaissance à produire un impact sur les choix de réforme et leurs résultats.
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